Foire au question sur le BDSM
Article mis en ligne le 24 octobre 2017
dernière modification le 3 août 2021

par Mestre Ulysse

 C’est quoi le BDSM   ?

Le BDSM
Le terme « BDSM » englobe des jeux sexuels avec des comportements d’échange de pouvoir et l’utilisation de douleur ou non.
On y retrouve trois composantes qui peuvent conduire à des pratiques très différentes :

  1. Le bondage   et la discipline (BD), qui désigne la restriction de mouvement et le contrôle du partenaire.
  2. Domination et la soumission(Ds), qui représente l’échange de pouvoir ou de contrôle entre les partenaires.
  3. le sadomasochisme (SM), qui fait référence à l’érotisation de la douleur subie ou provoquée

Le BDS
LE BDSM englobe donc aussi bien le couple qui bande les yeux à sa partenaire, lui met des menottes pour des jeux sexuels que les pratiquants du SM qui recherchent la douleur pour le plaisir sans sexe !

Le BDSM sans l’aspect SM qui fait peur à beaucoup se nomme BDS

 Combien y a-t-il de pratiquants ?

Les estimations sur l’ampleur du phénomène sont rares, les comportements BDSM ayant été ignorés par la majorité des grandes enquêtes sur les comportements sexuels.
Selon Janus et Janus (1993), 14% des hommes et 11% des femmes ont pratiqué au cours de leur vie une forme de BDSM consensuel.
Dans une étude australienne, 1,3% des femmes et 2,2 % des hommes actifs sexuellement affirment avoir été récemment impliqués dans des pratiques BDSM (Richters et al., 2008).
Dans une étude québécoise portant sur les fantasmes la moitié des interrogés exprimaient de l’intérêt pour au moins un fantasme appartenant à l’univers du BDSM comme le voyeurisme, l’exhibitionnisme, le fétichisme, le masochisme, le sadisme, le travestissement, le Bondage… selon les fantasmes, entre 5 et 50% des hommes et 3% à 21% des femmes ont déclaré avoir passé à l’action en ce qui concerne l’un de ces fantasmes au moins une fois dans leur vie.

De plus en plus de personnes incluent sans en être conscient dans leurs jeux sexuels des pratiques BDSM

 BDSM et santé mentale

Toutes les études sur le sujet démontrent que les adeptes du BDSM sont moins sujets aux troubles mentaux et plus équilibrés que les personnes pratiquant le sexe classique.

Une étude australienne cité ci-dessus a réveillé que les hommes pratiquants ont moins de problèmes psychologiques (dépression et angoisse) et aucune différence chez les femmes.
Une étude, hollandaise s’est penchée sur 1000 pratiquants du BDSM et constaté qu’ils étaient moins névrosés, mieux dans leur peau et avaient un lien avec leur partenaire plus fort que le reste de la population

Par contre, même si les études récentes montrent que les adeptes du BDSM présentent, en général, un profil psychologique stable et comparable à celui de la population générale, ils sont victimes des préjugés sociaux véhiculés à l’égard de leurs pratiques, et dissimulent leurs préférences auprès des membres de leur entourage, ce qui peut développer des problèmes d’acceptation d’eux-mêmes pour certains.

 LE BDSM et les psys

Même si je connais un psy qui pratique le BDSM et qui est convaincu de ses vertus, n’oublions pas que beaucoup de psys ont décrit les préférences BDSM comme relevant de la maladie mentale. Les psychothérapeutes ont toujours cette conception pathologisante du BDSM et les services offerts à cette population restent marqués par de tels préjugés. J’ai eu deux soumises dépressives qui ont trouvé un équilibre et un bonheur dans le BDSM (soft) pendant plusieurs années. Elles s’épanouissaient et étaient heureuses et fières. Et chaque fois elles se sont confiées à leur psy qui les a convaincus de cesser la relation et elles ont replongés dans la dépression…

 La sécurité en BDSM

Deux écoles s’affrontent :

  • SAIN SÛR et CONSENSUEL (SSC) qui prône que toutes les pratiques se doivent d’être sécuritaires, saines et consensuelles. Dans cette école de pensée que je partage, les mots de sécurité sont strictement respectés et aucune pratique dangereuse n’est tolérée.
  • RACK « risk aware consensual kink » Ou les adeptes sont conscients des risques liés au jeu et y consentent ce qui peut entrainer des dérapages dangereux et parfois mortels.

 Les différents acteurs du BDSM

  • Le Dominant ou le Maître deux rôles très différents mais dans les deux cas, ils assument le contrôle de la relation.
  • Le soumis est celui qui offre le contrôle à un Dominant
  • L’esclave : celui qui apprécie la soumission profonde à plein temps
  • Le switch : celui qui a à la fois le besoin de domination et de soumission

 La douleur en BDSM est elle obligatoire ?

Non, pas du tout

  • Les adeptes du SM provoquent la douleur pour leur plaisir. Le sadique a du plaisir à infliger de la douleur, la maso a du plaisir à la recevoir.
  • Les adeptes du BDS cherchent un plaisir par les jeux de domination, discipline, soumission, bondage, sexuel sans douleurs. Le plaisir sera plus cérébral. Les situations, les mises en scènes, les jeux de domination, de disciplines sont aussi de puissants stimulants qui peuvent créer les mêmes extases, aussi intenses que celle que provoquent les douleurs pour les non masos.

 Le BDSM est il dangereux ?

Si vous pratiquez le SM avec RACK, le Bdsm peut être dangereux.

Voici quelques activités dangereuses, potentiellement mortelles ou blessantes pour certaines avec le nombre de participants dans les milieux BDSM selon une étude finlandaise :
Aiguilles, piercing (21%), marquage au fer (17%), hypoxyphilie (jeux de suffocation, asphyxie érotique : 17%), chocs électriques (15%), couteaux et lames de rasoir (13%).
Selon une étude californienne : jeux de flammes (20%), aiguilles et jeux de piercing (20%), lacérations (14%), marquage au fer (9%) et scarification (5%).

Dans toutes les études, les pratiques les plus courantes sont le bondage, fessées et la flagellation avec plus de 80% de pratiquants. Ces pratiques faites dans un cadre BDS et CSS   ne sont pas dangereuses. Faites en SM, elles peuvent le devenir.

Environ des 10 % des adeptes du SM ont des blessures et accident en Bdsm

Mêmes conclusions pour l’étude : le bondage, le fouet et la fessée étaient très populaires (plus de 80% des participants les avaient pratiqués), mais les autres pratiques étaient plus rares :

Certaines pratiques potentiellement dangereuses sont assez courantes chez les adeptes de sexe ordinaire comme par exemple les jeux d’asphyxie (27%).

Pour moi qui pratique un BDSM CSS le plus grand danger est les maladies vénériennes potentiellement invalidantes et mortelles dues au fait que les pratiquants de Bdsm ont plus de partenaires que le reste de la population.

 Les Abus en BDSM

Les mots de sécurité sont très mal respectés.
90 % des dominants les respectent mais dans certains cas… c’est-à-dire peu souvent, prétextant le dépassement de soi… 40 % les respectent plus ou moins strictement.
Dans l’étude finlandaise, 23% des femmes, 8% des hommes ont étés victimes d’abus en BDSM. 
Ces 5 dernières années toutes les soumises que j’ai rencontrées ont subies avant de me connaître des abus (sauf les débutantes dont j’étais le premier Maître). Certaines soufraient de syndrome post traumatiques.