Carton rouge, carton jaune, la punition revisitée
L’Art de punir
Jeux DS, jeux SM, sanction ou chatiment ?
Article mis en ligne le 14 janvier 2017
dernière modification le 3 août 2021

par Mestre Ulysse

 La punition   par jeux DS

La punition peut être un jeu sexuel. La soumise provoque le Maître, fait des fautes exprès pour recevoir une douce fessée, être humiliée… ce genre de punition qui peut être amusante et excitante obéit aux règles du jeu DS (mot de sécurité, respect des limites, des interdits…) et respecte le CSS   [1]. Des punitions peuvent être écrite sur des papiers et tirées au sort par exemple.

 La punition SM

Pour certains Dominants sadiques, de soumises, la punition fait partie du BDSM  . Le Dominant punit, de manière juste, arbitraire, injuste selon des désirs. Elle est prétexte à des jeux masochistes et comble le côté sadique du Maître et le côté Maso de la soumise. Elle fait partie intégrale du jeu Bdsm. Chacun y trouve son plaisir et cela pimente la séance. Elle doit aussi respecter les limites, les mots de sécurité et le CSS.
Des dés de punition peuvent être utilisés…

 La punition « correction »

Pour d’autres Dominants, la désobéissance, les maladresses sont perçues comme un échec, une provocation et les punitions peuvent être très violentes pour ôter à la soumise l’envie de recommencer. Ils ne respectent plus aucune limite, se laissent aller à leur rage et peuvent blesser physiquement et terrifier leur partenaire. Ils règnent par la peur. C’est inacceptable. Le Bdsm est une quête de plaisirs, pas de barbarie. Si cela vous arrive, fuyez. Ne revoyez jamais le bourreau. C est une violence illégale.

 Le Maître et la Punition

C’est avec la punition qu’il y a une profonde différence entre un Maître et un Dominant. Le Maître utilise le renforcement positif et n’utilise la punition que rarement, toujours de manière juste, souvent à la demande de la soumise qui veut expier une faute. La punition est un constat d’échec, elle est contre productive, elle nuit à l’acquisition et à l’apprentissage en éducation. Elle n’est utilisée que rarement avec discernement afin de garer toute leur force.

Les punitions sont codifiées, éducatives et réglementées strictement. Elles sont souvent à la demande de la soumise. En cas de fautes grave l’éducation est arrêtée sans possibilité de reprise.

Punition par jeux
Punition DS = jeux DS= plaisir…
Punition SM = jeux SM = plaisirs SM
Punition éducative :
Fautes = fautes légères = carton jaune = sanction
Offenses = fautes graves = carton rouge = châtiment ou rupture
Correction
Punition pour terrifier, faire obéir = inacceptable = abus = barbarie = illégal

 Voici le système de punition que j’utilise.

  1. Pour une débutante :
    Si une soumise est débutante ou a des problèmes de comportement et d’estime de soi, j’utilise le système de gestion des fautes et offenses ci-dessous.
  2. Pour une soumise expérimentée :
    J’utilise la punition par jeux et deux zones secrètes du donjon, le purgatoire et l’enfer.

 Punition par jeux : Le purgatoire est l’enfer

  • Le purgatoire est un lieu secret du donjon ou une soumise va, souvent à sa demande, pour expier ses fautes. On y trouve un cachot. Et toute sorte d’accessoires de repentances tels que banc de fessée, croix, pilori... Le lieu est sombre, lugubre, le silence y est obligatoire. On y perd sa dignité d’humain, on y marche à 4 pattes en laisse, on y mange dans une gamelle, on y dort dans une cage... La soumise doit expier se fautes et faire pénitence.
  • L’enfer est le lieu de tous les tourments, réservé aux masochistes ou aux soumises aimant être punies, humiliées, dégradée être punie arbitrairement ou payer des fautes réelles ou imaginaires...

 Gestion des fautes et offenses

Les Maîtres punissent rarement et juste pour des fautes graves ou répétées. En cas de faute très grave, ils vont arrêter la relation.

Il est important de différentier les punitions par jeux, les punitions pour fautes légères et les punitions pour faute grave. Ainsi, il n’y a aucune confusion possible pour la soumise qui pourra mieux prendre conscience de ses fautes et de leur gravité. Cela sacralise la punition et la différencie des punitions par jeux.

Voici un système de punition, compatible avec la philosophie des Maîtres et ne nuisant pas à la progression de l’éducation.

Le terme punition ne sera donc utilisé que pour les punitions par jeux.

Enfreindre un principe, une règle, aussi bien en privé qu’en public est, selon la gravité, une faute ou une offense.

 Les fautes :

Une faute doit être corrigée par la soumise et ne pas se répéter. La sanction doit avoir une valeur éducative.

En cas de répétition de la faute, un avertissement puis une sanction sera donné sous forme d’un carton jaune.

Quelques exemples de fautes

  • Regarder ou soutenir le regard du Maître, d’un tiers
  • Tutoyer le Maître.
  • Parler sans avoir reçu l’ordre ou la permission
  • Couper la parole
  • Hausser le ton
  • Vocabulaire vulgaire
  • Croiser les jambes.
  • Rapprocher les cuisses.
  • Bouger lors d’une posture imposée.
  • Gêner le Maître
  • Absence de preuve d’affection dans les contacts distants.
  • Porter un habillement non validé par le Maître
  • Ne pas être bien épilée
  • Parler sans ordre à un tiers.
  • Cacher un orifice ou ne pas s’ouvrir et offrir l’orifice quand le Maître le touche.
  • Cacher l’anus qui doit être toujours disponible pour une intromission.
  • Refus de communication

 Faute = « sanction » Carton jaune

En cas de faute un carton jaune (sanction) est donné pour des fautes légères répétées après plusieurs avertissements. Le Carton jaune est un rappel à l’ordre, un avertissement et ne dois pas être pris à la légère.

Voici quelques exemples de « sanctions » carton jaune :

  • Écrire des lignes (comme à l’école), assis(e) nu(e) au milieu de la pièce sur un tabouret de bois, un plug dans l’anus et le buste droit
  • Rester nu(e) sous la pluie (sans mettre en danger la santé)
  • Se rouler nue dans la neige (sans mettre en danger la santé)
  • Dormir nue dans la cage ou dans la grange à foin (si la saison le permet)
  • Privation de la parole un jour ou plus
  • Obligation de faire des corvées
  • Rester immobile et silencieuse plusieurs heures.
  • Rester enchaînée, en cage, cagoulée plusieurs heures.

 LES OFFENSES :

Certaines fautes peuvent constituer une «  Offense  » c’est-à-dire une faute grave et attirer des châtiments sévères, une rupture, car elles remettent en cause l’essence même de la relation Maître-soumise. La soumise doit être exemplaire. Une offense provoque un carton rouge.

Exemple d’offenses :

  • Refuser d’obéir à un ordre pour une activité contractuelle.
  • Repousser le Maître
  • Mentir ou cacher quelque chose
  • Tromper
  • Manipuler le Maître
  • Comportement égocentrique et jalousie.

En cas d’Offense et selon la gravité, il y aura ou un carton rouge ou une rupture définitive et sans retour possible (carton noir).

 Offense = « Châtiment » carton rouge :

Le châtiment ne peut être que justifié et rare. En cas de faute grave, d’insubordination, de trahison, de faute grave, le Maître utilise le carton rouge. Je l’utilise rarement et souvent comme alternative à une rupture pour faute grave.

  • Par définition c’est un châtiment difficile pour la soumise donc pour chaque soumise, le châtiment exploitera ses peurs et sera un défi à franchir.
  • Le châtiment sera une alternative a une rupture pour faute grave et en l’acceptant et en l’accomplissant jusqu’au bout la soumise montrera son repentir et sa volonté de s’amender et de continuer la relation.

Exemple de châtiment carton rouge

  • Fessée à la palette forte puis une punition carton jaune.
  • Servir sexuellement X jours, animalement, sans avoir pouvoir parler, gémir, avoir de plaisir, plus punition carton jaune.
  • Privée de parole, d’internet ni de téléphone x heures ou jours plus punition carton jaune.
  • X heures, privée de liberté au cachot.

 Offense grave ou répétée = « Rupture » Carton noir

Le carton noir scelle la rupture de la relation en cas de faute très grave.
Aucune reprise possible.
La rupture doit être étayée de faits objectifs et doit être justifiée pour ne pas être arbitraire.

 Attitude de la soumise à la réception du carton.

  • La soumise prend le carton et se retire en silence.
  • Elle se rend au lieu et à l’heure indiquée pour recevoir sa punition.
  • Elle doit proposer une punition et confesser sa faute et exprimer son repentir. Si ce n’est pas sincère, la punition sera augmentée.
  • DANS TOUS LES CAS LA COMMUNICATION EST SUSPENDUE jusqu’à une repentance sincère de la soumise et l’application de la sentence.

C’est de l’abandon que naîtra le véritable sentiment de punition et d’humiliation  .

 Éviter la sanction

La soumise devrait pouvoir arriver à prendre conscience de ses fautes et les éviter.
Au début elle peut se dénoncer, s’excuser et s’auto-punir devant le Maître ou réclamer une punition de son choix, plus forte que celle demandée pour marquer sa repentance puis petit à petit se corriger pour ne plus commettre de fautes.

 Éviter le châtiment

Le châtiment ne peut pas être évité. Il a pour but de corriger une faute grave qui nuit à la relation et qui pourrait la rompre. Il doit donc être pris au sérieux. Si la soumise la refuse, la relation cesse.

 Éthique BDSm de la punition, Châtiment, Sanction

Pour le Maître

  • Le Maître doit être calme, serein, et administrer la sentence de manière juste, ferme et expliquer à la soumise sa faute et ses conséquences.
  • La sentence se doit d’être à la hauteur de la faute et juste.
  • Si des instruments comme une palette par exemple sont utilisés, cela doit être des instruments différents de ceux utilisés lors de l’éducation, du dressage, des punitions par jeux Bdsm. Les instruments de plaisir ne doivent jamais devenir des instruments de peur et gâcher tout plaisir futur.
  • Toutes les sentences doivent être convenues et acceptées à l’avance et être dans les limites de ce que peut accepter la soumise dans le cadre d’un Bdsm consensuel.
  • Les mots de sécurité s’appliquent et le CSS.

Pour la soumise

  • La soumise doit réfléchir à sa faute et se corriger.
  • La soumise doit accepter la sentence et la vivre jusqu’au bout en pénitente.
  • Les mots de sécurité s’appliquent.
  • La soumise doit endurer sa punition en évitant d’utiliser les mots de sécurité tant que le Maître reste dans les limites définies par le contrat.
  • La soumise ne peut pas être punie si elle utilise un mot de sécurité. C’est un droit absolu.

Mais si le mot de sécurité est utilisé sciemment pour échapper à un châtiment ou à une sanction, cela remet en cause la relation.

 Cas particulier, « le dressage »

Le dressage a pour but de faire acquérir des comportements automatiques et une obéissance sans réfléchir. La punition devient un élément clé de l’acquisition de ces comportements. Cette pratique est plus que discutable [2] et des résultats semblables peuvent être obtenus par l’entraînement.